Le Web 2 est devenu une grande cour d’école sans surveillance. On est loin de la Guerre des tuques ou des boutons. Loin de la taquinerie qui, bien que reçue de façon différente par les taquinés, permet malgré tout d’inverser les rôles. Je te taquine, tu me taquines, on se fâche et demain, on fait la paix. Loin des graffitis gribouillés sur les murs des toilettes de l’école. Aujourd’hui, la diffusion éclate et franchit les clôtures de la cour d’école.
Le Web 2 a donné à cette raillerie insultante et blessante qu’est le sarcasme un espace sans limites. Le sarcasme choisit sa victime, la ridiculise, l’abaisse et la détruit. Le blog, la page web personnelle, le forum de discussion, sont ses plaques tournantes. S’y expriment, pêlemêle, chantage, menace, pression ou intimidation pour le plaisir de l’agresseur et de ses acolytes.

La cyberintimidation est née, nouveau mot dans le registre du vocabulaire haineux.
D’un côté, devant son écran qui lui offre l’illusion de l’impunité, l’agresseur masculin ou féminin crache sa haine, se délecte de ses propos et, ce faisant, en rajoute. Car il est là aussi, le problème : fébrilité et surchauffe. On tape plus vite que sa pensée, on clique plus vite que sa raison.
De l’autre côté, la victime. Rumeurs, commérages, exclusion. Plus les agressions virtuelles augmentent, plus les comportements de l’agresseur se manifestent à l’école et sont appuyés par ses acolytes, et plus la victime souffre d’exclusion, de rejet. Elle doit affronter le regard et le jugement d’autrui, ou faire tout pour les éviter. Le fait d’être exclue dégrade sa confiance en elle et la pousse à l’isolement. Les résultats scolaires baissent et avec eux, l’estime de soi. L’agresseur a gagné.
Un site intéressant sur la question : FINIE L’INTIMIDATION. Allez voir l’histoire de Sarah.
Quelques chiffres révélés par Sécurité Canada : dans les premières années du secondaire, 65% des garçons et 75% des filles se disent verbalement ou socialement agressifs. Ces attaques se produisent généralement entre jeunes du même sexe. Vers la fin du secondaire, ce sont les sentiments amoureux, les frustrations, les refus à une demande de sortie, par exemple, qui vont favoriser les comportements agressifs.
Avec le Web 2, votre passé vous poursuit. Photos compromettantes, propos désobligeants que vous avez un jour lancés, situations gênantes que vous préférez oublier… tout cela peut vous retomber sur le coin de la margoulette. Alors, pour éviter de se trouver un matin sur le cellulaire des copains, les jeunes vont se tenir à carreau, vont perdre confiance dans les copains car chacun d’eux peut se transformer en diffuseur de potins croustillants. Dommage ! L’ère de la spontanéité risque de disparaitre.
Dur, dur d’être un ado !