La dictée dans tous ses états
Publié par Emilie Smac dans Actualités, tags: apprentissage, dictée, éducation, évaluationJ’adore quand un ministre de l’Éducation nous invite à redécouvrir la dictée ! La dictée ? C’est nouveau ?
Un peu d’histoire : vers 1803, époque de Napoléon, les maitres proposent des dictées volontairement truffées de fautes pour entrainer les élèves à les corriger. Un tel écrit s’appelle une cacographie, du grec kakos (mauvais) et graphein (écrire). Mais cette traque aux fautes fut contestée car on craignait que les apprenants mémorisent des fautes. Une fois l’erreur installée dans le cerveau, elle est, en effet, difficile à déloger. Exit la cacographie et bienvenue à la dictée qui s’installera dès 1850, pour le bonheur ou le malheur des élèves.
Alors, nous, profs modernes, que devons-nous dicter ?
La liste de mots en ordre alphabétique ??? Modèle anglo-saxon des dictées de mots, une succession de mots sans lien entre eux n’a rien de signifiant pour l’élève. De plus, les noms ont souvent le tort d’être listés sans leur article, et les adjectifs qualificatifs d’être au masculin singulier. À bannir ! Pire : étude hebdomadaire d’une liste de mots en ordre alphabétique. L’horreur ! Mots de la même famille, d’accord… mais dans des phrases pour que leur sens soit explicite.
Dans le même sac de poubelle, avec la liste de vocabulaire, la dictée de phrases indépendantes qui n’ont aucun rapport entre elles. Elles ne montrent pas les mots de transition nécessaires pour lier un paragraphe en un texte cohérent. Pas de sens pour l’élève !
La dictée préparée en classe ? Et pourquoi pas ?
Si les phrases forment un texte cohérent, si elles sont tirées du texte de lecture de la semaine, ou sont en lien avec les thèmes travaillés en science ou en histoire-géo, par exemple, la dictée fait alors l’objet d’un exercice de syntaxe et d’orthographe usuelle et grammaticale. De plus, elle permet de “réinvestir” le vocabulaire appris et les informations recueillies dans les thèmes vus en classe.
J’entends les contre : la préparation à la maison permet à l’enfant d’apprendre par cœur et au parent d’être soulagé. Parce que le parent a horreur des surprises.
Tiens, parlons-en de la dictée-surprise! D’accord si on y retrouve du vocabulaire travaillé en classe, si on emploie des constructions syntaxiques étudiées, si… etc. D’accord si la dictée n’est pas un exercice pour piéger l’élève, mais un retour sur les notions apprises.
Bref, la dictée est à considérer comme un exercice de consolidation des apprentissages et non comme un mode d’évaluation. De quoi rassurer élèves et parents…






















Bulletins (RSS)